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Campus Voix Nouvelles 2027 - Composer le solo instrumental : son, geste, espace, écoute

Date limite de candidature : dimanche 08 novembre 2026

Depuis plus de 30 ans, Voix Nouvelles accompagne de jeunes compositrices et compositeurs du monde entier à un moment décisif de leur parcours : celui où une écriture personnelle cherche à s’affirmer, à se confronter au réel et à trouver sa voix.

À Royaumont, cette recherche se déploie dans des conditions professionnelles, au contact de compositrices et compositeurs encadrant·e·s et d’interprètes d’exception. La singularité de Voix Nouvelles tient à la place accordée au dialogue : pendant plusieurs mois, les participantes et participants confrontent leurs idées à l’expérience du son, échangent avec les interprètes et bénéficient d’un accompagnement approfondi des compositeur·rice·s encadrant·e·s. 

Conçu comme un laboratoire, le Campus accompagne l’ensemble du processus de création, de la première idée à l’œuvre réalisée, répétée, transformée, créée et enregistrée. On y apprend à composer en éprouvant concrètement la musique qui advient. Les répétitions et les échanges permettent de confronter l’écriture au son, d’affiner les intentions et de faire évoluer la partition au contact de l’expérience.

Chaque édition ouvre un territoire de recherche sans imposer de langage ni d’esthétique. Voix Nouvelles favorise une recherche personnelle et collective, met à l’épreuve les intuitions et les habitudes d’écriture et crée les conditions d’un temps de concentration, d’expérimentation et de dialogue.

À Royaumont, composer signifie donc aussi écouter, expérimenter, échanger et faire évoluer son écriture au contact du réel.

À l’issue de la formation, la Fondation Royaumont poursuit l’accompagnement des compositrices et compositeurs de Voix Nouvelles en attribuant des commandes de nouvelles œuvres, susceptibles d’être présentées dans la Saison Royaumont ou dans la programmation de partenaires, d’ensembles ou de solistes professionnel·le·s.

L'édition 2027 - Composer le solo instrumental : son, geste, espace, écoute 

Cette édition du Campus Voix Nouvelles est consacrée au solo instrumental, envisagé comme un espace d’expérimentation où se rencontrent le son, le geste, l’espace et la présence.

Encadré·e·s par les compositeur·rice·s Diana Soh et Mark Andre, les compositrices et compositeurs lauréat·e·s seront invité·e·s à développer une écriture attentive à la matérialité du phénomène sonore, à la théâtralité du jeu instrumental et aux conditions mêmes de l’écoute.

Chaque participante et participant développera une œuvre originale pour un instrument soliste, d’une durée d’environ 10 minutes, en dialogue étroit avec l’interprète qui lui sera associé·e.

Le solo comme laboratoire de composition 

Plus qu’une forme instrumentale, le solo constitue un laboratoire de composition. Chaque son y engage pleinement le corps de l’interprète, les propriétés et les possibilités de l’instrument, l’acoustique du lieu, le silence qui l’environne et l’attention de l’auditeur·rice. 

L’écriture est ainsi envisagée comme l’organisation de relations entre une matière sonore, un geste, un espace et une temporalité.

Le dispositif artistique est volontairement sobre : les œuvres ne recourront pas à l’électronique, à l’amplification, à la vidéo ou à un dispositif de création lumière. Ce choix invite à porter l’attention sur les ressources propres de l’instrument, du geste et du lieu. Elle permet également d’interroger les conditions de circulation d’une œuvre : comment concevoir une pièce qui puisse être reprise dans différents contextes sans dépendre d’un dispositif technique extérieur ?

Cette contrainte n’exclut pas les dimensions gestuelles, spatiales ou scéniques du projet. Celles-ci pourront au contraire être pleinement intégrées à l’œuvre, à partir des ressources propres de l’interprète, de l’instrument et du lieu : déplacements, postures, mouvements, orientation du corps ou de l’instrument, rapport au public, circulation dans l’espace, mise en relation de plusieurs points d’écoute, etc.

5 instruments, 5 univers de recherche 

Chaque compositrice et compositeur développera une œuvre pour un seul instrument, en dialogue étroit avec l’interprète qui lui est associé·e. 

Lors de leur candidature, les candidates et candidats indiquent 2 instruments par ordre de préférence parmi les 5 instruments proposés. Ces deux choix constituent des préférences et non deux projets de composition distincts. L’équipe pédagogique arrête ensuite l’instrument attribué à chaque participante et participant, en fonction des souhaits exprimés, de la cohérence des projets et de la répartition entre les cinq interprètes.

Le projet de composition est ensuite développé en dialogue avec l’interprète associé·e, à partir des possibilités techniques, sonores et expressives de son instrument.

Les 5 instruments proposés sont :

  • orgue Cavaillé-Coll — Lucile Dollat ;
  • percussion — Yi-Ping Yang ;
  • contrebasse — Florentin Ginot ;
  • clavecin Sidey — Ninon Hannecart-Ségal ;
  • saxophone — Marcus Weiss. 

Très différents par leur facture, leurs modes de production du son, leur rapport au corps et leurs possibilités de projection dans l’espace, ces instruments offrent cinq territoires de recherche.

Les compositrices et compositeurs pourront ainsi explorer, selon l’instrument choisi, les modes de jeu, la matérialité du son, les régimes de résonance, le geste instrumental, le souffle, la friction, l’attaque, le prolongement du son, les relations entre le corps et l’instrument, ainsi que les possibilités de mise en scène et de présence dans l’espace.

Écouter la matière sonore

L’écoute constitue le fil conducteur de cette édition. Les œuvres seront invitées à explorer les micro-variations du timbre, les transformations de la matière sonore, les seuils entre son, bruit et silence, ainsi que les phénomènes de résonance qui rendent la perception particulièrement active.

Le silence n’y apparaît pas comme une absence, mais comme une composante essentielle de la forme, capable de préparer, prolonger ou transformer l’événement sonore. Cette attention portée à l’écoute pourra également conduire à interroger les conditions dans lesquelles un son apparaît, se propage, résonne et disparaît.

Le geste comme matériau musical

La théâtralité forme un autre axe de recherche. Elle n’est pas conçue comme un supplément spectaculaire, mais comme une dimension inhérente au jeu instrumental.

Le corps de l’interprète, ses mouvements, son souffle, son regard, sa relation à l’instrument, aux objets, à l’espace et au public pourront devenir autant de paramètres compositionnels, selon des degrés de présence très variés.

Composer avec le lieu

Le Campus se déploiera dans les multiples espaces de l’abbaye de Royaumont, dont l’architecture et les jardins offrent une remarquable diversité de résonances et de situations d’écoute.

Chaque espace infléchit la projection du son, sa résonance, son extinction et la perception qui en découle. Les compositrices et compositeurs seront donc invité·e·s à considérer le lieu comme un véritable paramètre de l’écriture.

Un parcours à travers l'abbaye

La restitution publique des dix œuvres prendra la forme d’un parcours musical à travers différents espaces de l’abbaye de Royaumont.

Les compositrices et compositeurs seront associé·e·s à la conception de ce parcours et invités à réfléchir collectivement aux liens entre leurs œuvres. Si les 10 pièces demeurent autonomes, leur mise en regard sera conçue comme un ensemble : choix des lieux, ordre des pièces, transitions, déplacements du public, rapports entre les œuvres et résonances entre les espaces.

Comment se déroule Voix Nouvelles ? 

Le Campus débute par un temps préparatoire en visioconférence en janvier et février 2027. Il se poursuit jusqu’en août par un accompagnement à distance, avant de s’achever par une résidence de création en présentiel à Royaumont, du 17 au 28 août 2027. 

  • En janvier / février 2027 : un temps préparatoire ;
  • De février à l'été 2027 : écrire en dialogue ;
  • À Royaumont : approfondir, transformer, créer. 

Un Campus partagé 

Voix Nouvelles se déroule en parallèle du Campus Musiques transculturelles [ici]. Cette proximité permet aux participantes et participants de partager certains temps en commun et d’élargir les échanges au-delà de leur discipline et de leur pratique. 

Des séances communes réuniront ainsi l’ensemble des participantes et participants autour de différentes thématiques :

  • séances de pratique corporelle ;
  • ateliers Les clés de la profession ;
  • débats L’artiste dans la société ;
  • visite du monument et de la bibliothèque musicale ;
  • temps d’échange et de convivialité.

Ces temps communs participent pleinement à l’esprit du Campus : faire de Royaumont un espace où la pratique artistique, la réflexion et la rencontre avec d’autres artistes se nourrissent mutuellement.

Encadrement 

  • Composition :
    • Diana Soh, compositrice (Singapour, 1984) ;
    • Mark Andre, compositeur (France, 1964). 
  • Accompagnement scientifique :
    • Caroline Traube, professeure à la Faculté de musique de l’Université de Montréal (acoustique musicale, musicologie de la performance).
  • Interprétation :
    • Lucile Dollat, orgue Cavaillé-Coll ;
    • Florentin Ginot, contrebasse ;
    • Ninon Hannecart-Ségal, clavecin Sidey ;
    • Marcus Weiss, saxophone ;
    • Yi-Ping Yang, percussion.
  • Intervenant·e·s pontuel·les :
    • Michel Duchesneau, professeur à la Faculté de musique de l’Université de Montréal – Conférence introductive ;
    • Denis Laborde, ethnologue, directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’EHESS, chercheur au Centre Marc Bloch de Berlin – Débats L’artiste dans la société ;
    • Jérémie Szpirglas, écrivain, rédacteur, journaliste d’investigation et conférencier – Ateliers Les clés de la profession : exprimer son identité artistique et mettre en mots sa musique ;
    • Un·e représentant·e de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) – Ateliers Les clés de la profession : Quel est le rôle de la Sacem auprès des compositrices et compositeurs ?
    • En cours de recrutement – Ateliers de pratique corporelle. 

Conditions d'accueil 

Pendant la résidence à Royaumont, les lauréates et lauréats bénéficient :

  • d’un hébergement à l’Abbaye de Royaumont en chambre individuelle avec salle d’eau privative ;
  • de repas préparés et servis par l’équipe de restauration de l’Abbaye ;
  • de navettes groupées entre la gare de Viarmes et l’Abbaye à l’arrivée le 16 août 2027, et au départ le 29 août 2027.