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L'actualité
Musique contemporaine

Rencontres avec les compositrices Pascale Criton et Farnaz Modarresifar

© Laurence Prat

Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, la médiathèque poursuit sa médiation de la musique contemporaine en accueillant deux compositrices pour deux rencontres à propos de leurs travaux.

Les deux rencontres font partie de Mois de mars : les femmes au coeur de l'actualité culturelle et sont réalisées avec le partenariat de Véronique Verdier, philosophe et musicienne, autrice du livre Créations musicales : Une approche philosophique paru en 2021 chez Delatour, et qui sera également modératrice.

Entrée libre

Les samedis 2 et 9 mars 2024 de 15h à 16h30
Médiathèque Hélène Berr
70 rue de Picpus, 75012 Paris

Pascale Criton a étudié la composition avec Ivan Wyschnegradsky - dont elle a par ailleurs réuni, présenté et annoté des écrits -, Gérard Grisey et Jean-Étienne Marie. Elle a aussi suivi une formation en informatique musicale à l’IRCAM à Paris.

Passionnée par le continuum sonore, elle utilise des scordatura (en 1/4, 1/12e, 1/16e de ton) destinées à des instruments tels que les piano, violon, violoncelle, guitare, accordéon associés à l’orchestre et à l’électronique.
Son catalogue compte des œuvres pour musique de chambre et ensemble, ainsi que des musiques mixtes. Elle développe également des dispositifs sono-tactiles qui permettent une écoute par le toucher.
En 2015, elle co-dirige avec Jean-Marc Chouvel l'ouvrage collectif Gilles Deleuze, la pensée-musique paru chez CDMC/Symétrie, en témoignage de sa rencontre déterminante avec le philosophe français.
La musique de Pascale Criton se caractérise par une approche flexible entre hauteur, timbre, bruit et phénomènes acoustiques qui stimulent l’émergence de sonorités inouïes. Un CD, Infra, interprété par l’Ensemble Dedalus, est paru chez Potlatch et primé par un « Coup de cœur » de l’académie Charles Cros en 2018.

La compositrice, santouriste et improvisatrice franco-iranienne Farnaz Modarresifar est née en 1989 à Téhéran.

Bercée de musique classique occidentale et persane, elle se forme au Conservatoire et à l’Université de sa ville natale. Elle étudie le santour, une cithare sur table persane, à la fois en improvisation et dans un répertoire de style traditionnel. En 2009, lors d’un séjour universitaire en Allemagne, elle est touchée par une interprétation d’Atmosphères de György Ligeti, elle se passionne alors pour la musique contemporaine et décide de s’orienter vers la composition. Elle poursuit ses études en France et fréquente en particulier les classes de composition d’Édith LejetÉric Tanguy et Jean-Luc Hervé.
Farnaz Modarresifar est pétrie de poésie et de littérature persanes ainsi que de mythologie. Lectrice de Carl Gustav Jung ainsi que de Sigmund Freud, fascinée par la thématique des rêves et de la mort, elle réunit en deux recueils un ensemble de poèmes d’après ses propres songes, intitulé Contes.
Sa pratique virtuose du santour et son travail de composition s’influencent mutuellement autour des modes persans et d’une recherche sur le timbre, les techniques de jeu et les limites instrumentales. Elle développe ainsi notamment un langage contemporain inédit pour son instrument. Sensible à l’univers des sons, elle exploite les résonances, la percussivité instrumentale et vocale et travaille sur le temps et le silence dans une conception musicale qui requiert une écoute attentive.
Elle compose pour tout type d’effectif, de l’instrument seul ou de la voix seule à l’orchestre de chambre. Citons Polaris pour piano (2016), La Mort de Yazd-Gérd pour soprano et ensemble instrumental (2017), Gabbéh pour alto et santour (2019), Balades oniriques pour deux voix, santour, piano, violon et percussions (2022), œuvre avec laquelle elle remporte le Prix des professeurs de collège de la 24e édition du Grand Prix Lycéen des Compositeurs.